L'hameçon

 

Appendice: l'amour peut être piégé

 

 

 

J'étais un poisson et je nageais à la surface d'un lac, curieuse et admirative du monde qui m'entourait. 

 

En chemin, je te vis flotter au-dessus des eaux troubles. Toute colorée, joyeuse, dansante, souriante, tu appelais mon regard, tu me disais : "Viens, viens me voir! J'ai une surprise pour toi! J'ai un trésor pour toi! J'ai un cadeau pour toi! Des choses que je n'ai jamais encore données à personne...Viens me voir!"

 

Et moi j'ai nagé, j'ai dévié ma route, j'ai lutté contre le courant qui m'emportait pour m'approcher de toi.

 

Le chant des sirènes est beau pour l'oreille du mélomane. Le soleil est chaud pour ceux qui ont froid. Le sucre est doux pour qui a faim. La proie est fragile pour qui l'observe. 

 

A bout de forces, je m'approchais, toujours plus près, je m'accrochais à tout ce que j'avais de nerfs, de foi, de coeur en moi, pour tenter de saisir, de toucher, de goûter ta surprise. 

 

Tu disais: "Oui viens, viens plus près, embrasse-moi..."

 

Et soudain, alors que j'embrassai à pleine bouche ce bonbon béni, soudain un bout de fer pointu et tranchant transperça mon palais.

 

Une force invisible me tira vers elle à toute vitesse, et je ne pouvais presque pas résister. 

 

J'étais malgré moi emportée, aspirée, dans un tourbillon de vide. 

 

Ce fût un combat pour la vie.

 

A force de tirer et de lutter, j'ai fini par casser le fil. 

 

Et j'ai fui, fendant les eaux troubles de l'univers, avec ce bout de fer, ce goût du sang dans la bouche, qui m'infecta loin avant que je ne le crache enfin. 

 

 

 

 

 

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