Elephas meridionalis

Il nous suit partout. Un peu comme un double, une ombre. Sa disproportion, son poids, sa maladresse, encombrent chacun de nos pas. Il est accroché à nous. Il se fraye un passage derrière nous. On n’arrive pas à le semer. Il nous freine. Il nous retient. Il marche à nos côtés dans la rue, entre avec nous dans les magasins, les musées, les maisons, les relations, les passions, les misères, il nous accompagne, ou c’est lui qui nous entraine, dans toutes nos galères.

 

Les autres ne le voient pas. Mais ils le pressentent dans notre dos. Parfois on arrive à le faire oublier. Mais rapidement, on entend ses pas lourds nous rattraper. On entend le bruit sourd de ses énormes pattes qui claquent sur le sol, comme venant des tréfonds de la mémoire. Son entêtement au doute. Son tremblement face au futur. Sa peur du changement. Ses râles aux embrasures du temps. On n’arrive plus à le dissimuler.

 

Le mammouth. Le mammouth imaginaire, cette bête qui nous tire de toutes ses forces vers des souvenirs, vers des sensations qu’il nous semblait pourtant vouloir fuir. C’est le passé, le passé incarné dans un mammouth, un boulet à la cheville qui ne nous lâche pas d’une semelle.  

 

Qu’est-ce qu’on fait de lui ?

 

 

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