cale sèche

Au bout du fleuve, après bien des virages dans les villages, on arrive au chantier des deux confluents. 

 

Ici, on peut s'examiner, se réparer, meuler ses illusions, souder d'intimes convictions, limer des ambitions, ranger le grand foutoir, nettoyer, jeter, tant de vieilles choses, on peut les imbriquer, les trier, les balancer dans des bennes à ordures, et les tourner dans tous les sens pour leur trouver une place.

 

Au chantier naval, mon âme était en cale sèche.

 

Libérer l’espace exigu du bateau, réparer et rafistoler ce bateau qui ne m’appartient pas, c’était comme le faire pour moi, à l’intérieur de moi. Être là, dans ce chantier, dans ce grand bordel rugissant d’étincelles et de poussière, c’était comme sortir mon âme de l’eau, l’ouvrir de tous les côtés et la laisser se faire dépecer par une pluie de rouille, transpercer et traverser par un ciel froid et chargé, un pont d’autoroute et une grève aux noirs remous de metaux et de cailloux.

 

Il y a ici, encore plus qu'ailleurs, des relents d’apocalypse, des odeurs de fin du monde. Pour le bateau, c’est un passage obligé en inspection. Pour moi, un passage forcé en introspection. Je me demande si, s'agissant de moi, une gestation en ces lieux est possible ? Et quelle monstruosité pourrait bien naître ici ? 

 

naval 

 

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