Journal d'Istanbul

 

 

14 novembre 2018 au soir (arrivée)

 

 

Arrivée sans transition à Istanbul, par un voyage qui m’a trimballée, par ricochets, du Finistère de l’est à la Corne d’Or de l’ouest. Traversée complète du vieux continent en quelques heures seulement, comme une fillette qui gambade dans les champs.

 

Par le hublot, je contemple la terre fracturée, cet interstice dérisoire qui pose une frontière, un fossé entre l’occident et l’orient. Seul un mince filet d’eau sépare deux univers, deux visions du monde… Et au milieu, coule une ville de 15 millions d'habitants. 

 

Quiétude de l’avion rapace survolant la fourmilière urbaine, à cheval sur une faille. La vieille cité est étendue sur de douces collines, d’une pose lascive de femme offerte. De ses rondeurs scintillantes s'écoule un flux de mer noire. Lumières et ombres voilent et dévoilent sa galaxie étoilée. C'est un planétarium au sol. De tout là-haut, je rêve d’or, d’Orient, je pressens Byzance et les harems vaporeux, les saveurs épicées, les pupilles noires perçantes, les peaux tannées, et les regards en amande. En bas, la ville millénaire a l’air de s’en foutre totalement. Elle ne compte plus, depuis longtemps déjà, le nombre de visiteurs ahuris par sa beauté. 

 

Une fois sur terre, un bus m’a faite traverser le Bosphore. Les vitres du véhicule étaient embuées, et il semblait que la ville refusait de s’abandonner à mon regard avide. J’ai rejoint Bruno et Casandra qui m’attendaient, et nous avons mangé une soupe de lentilles et bu une bière, camouflée dans une tasse en cuivre.

 

J’étais profondément excitée, quand tout autour paraissait indifférent. Depuis si longtemps déjà, je ressens ce décalage en moi. Comment me mettre au diapason du monde ?

 

 

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