Bruire

 

S'il s'agit de faire « bruire » la langue, alors laissons-nous descendre les flots bleutés des phrases et épier les rivages humides des poèmes où s'ébrouent les canards sauvages. Seuls quelques pigeons nous rappellent encore à l'état d'animal, dans la ville brûlante, emplie de solitudes bruyantes. Ecoutons la rumeur primordiale s'ébruiter, laissons frémir au tréfonds les tremblements de terre, laissons les rouler des r sur les épaules du monde, et susurrer à nos oreilles quelques vérités amères, et des charabias étrangers. On découvrira bien assez tôt qu'il n'était pas nécessaire de s'en faire. On constatera, avec l'assentiment des sages, qu'il n'était pas utile de convoquer tant de mots, d'inventer des emphases et des paraphrases. On dira, tout à la fin, qu'il ne fallait qu'être là et empiler les phases et dérouler les cycles et pédaler dans la semoule des âges. D'un travail de fourmi peut naître une oeuvre titanesque. Cette époque a tendance à laisser tomber. Je vois chaque texte lancé comme une bouteille à la mer. Une tentative désespérée d'entrer en contact avec celui ou celle qui la trouvera et l'ouvrira et en libèrera la substance. Je vois chaque texte comme un message codé : une bouteille désespérée, ensorcelée, qui vogue sur le fleuve, et qu'on voit scintiller dans les lignes floues de l'aurore.

 

 

 

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